Une revue pratique du développement des cochettes et de la régie pré-saillie lorsque les nés-totaux en P1–P2 sont en deçà du potentiel génétique

Message clé :

Lorsque la performance des parités P3+ est exprimé, mais que les P1–P2 sont en retard par rapport à des sites comparables, l'occasion d'amélioration ne réside souvent pas dans la génétique ou l'alimentation : elle pourrait plutôt se trouver dans la façon dont les cochettes de remplacement sont préparées pour leur première saillie.

Sevrer 33 porcelets par truie par année n'est plus exceptionnel dans les systèmes très performants; cet objectif devient de plus en plus atteignable lorsque la génétique, la nutrition, la régie et la santé sont bien alignées. Cependant, à mesure que la performance du troupeau progresse, les occasions d'amélioration qui subsistent deviennent plus pointues, et la régie des cochettes est parfois limitée et devient une opportunité d’amélioration.

Une tendance récurrente que nous observons dernièrement est un écart important au niveau des nés-totaux durant les deux premières parités entre des fermes utilisant une génétique similaire et le même fournisseur d'aliments. Dès la parité 3, cet écart se resserre souvent de façon marquée, ce qui laisse croire que le potentiel biologique est bien présent, mais que la cochette n'exprime peut-être pas son premier cycle de saillie dans des conditions optimales.

Éléments à valider

Âge et poids à la saillie

La plupart des programmes génétiques actuels ciblent un poids de première saillie d'environ 145 à 165 kg et un âge d'environ 220 à 245 jours. L'objectif n'est pas simplement d'atteindre une date au calendrier, mais bien de s'assurer d'un développement corporel adéquat et d'une maturité physiologique suffisante avant la première saillie. Il est important d'examiner la distribution de l'âge et du poids, et non seulement les moyennes du troupeau, afin de repérer les cochettes saillies trop légères, trop jeunes, ou en dehors de la fenêtre cible visée.

Acclimatation à la cage avant la saillie

Introduire une cochette dans une cage de saillie seulement quelques jours avant la saillie peut créer une période de stress évitable, exactement au mauvais moment. Si la cochette doit s'adapter au confinement, à une nouvelle routine et à un nouvel environnement social pendant que les chaleurs se développent, l'expression des chaleurs et la qualité de la saillie peuvent en être compromises. Lorsque les installations le permettent, il est préférable d'acclimater les cochettes aux cages plus tôt, afin que la période de saillie elle-même soit aussi calme et prévisible que possible.

Alimentation à volonté avant l'ovulation

La consommation alimentaire devrait être activement soutenue durant la semaine précédant l'ovulation prévue. L'objectif est d'amener les cochettes à consommer à volonté, avec un appétit soutenu, avant la saillie. Le fractionnement des repas en plusieurs portions plus petites par jour peut aider à stimuler la consommation. Le cas échéant, un top-dress ciblé ou un supplément à haute densité nutritionnelle peut également être utilisé pour soutenir la consommation durant cette courte mais importante période pré-saillie.

Moment d'administration du Regumate et maturité de la cochette

Lorsque des programmes de synchronisation sont utilisés, le moment d'administration devrait être révisé en fonction de la maturité de la cochette et de son activité œstrale antérieure. Sur le terrain, le fait de débuter le Regumate très tôt, avant qu'une proportion significative des cochettes n'ait présenté de chaleurs, peut être associé à des résultats de saillie décevants. Par exemple, si l'âge cible à la saillie est d'environ 210 jours et qu'un traitement de 14 jours débute vers 190 jours, certaines cochettes pourraient entrer dans le programme avant d'avoir démontré une cyclicité normale. Si les taux de conception ou la performance de première parité sont sous les attentes, il est recommandé de revoir l'âge au traitement, le statut de cyclicité, et si le fait de débuter le programme une à deux semaines plus tard conviendrait mieux au système de développement des cochettes.

Conclusion

Si vos P1-P2 accusent un déficit en nés-totaux, cela peut représenter une perte importante de production annuelle non réalisée, même lorsque la performance globale du troupeau est par ailleurs solide. Le fait que la performance converge par la suite est encourageant : cela indique que la génétique et le programme des truies matures sont capables de livrer une performance élevée. La priorité consiste donc à s'assurer que chaque cochette atteint sa première saillie au bon âge et au bon poids, qu'elle est déjà à l'aise dans son environnement de saillie, qu'elle consomme à pleine capacité avant l'ovulation, et qu'elle entre dans tout programme de synchronisation à un stade approprié de maturité physiologique.

En résumé :

Traitez le développement des cochettes comme un système de production, et non simplement comme un événement de saillie. De petites améliorations avant la première saillie peuvent générer un rendement important sur la performance des P1 et P2.